Nouveau: Pour voir tout le catalogue, cliquez ici.Voici quelques oeuvres de l'exposition, entrecoupées des énoncés artistiques du duo.
Pour voir toutes les oeuvres, visitez la Maison Côte à Côte, ou écrivez-nous!
(artatoi@gmail.com- gaillardbenjamin@gmail.com)Benjamin Gaillard (photo et graphisme):
Mon
impulsion de créer tire sa source d’un désir de sortir de moi. Je suis
constamment à la recherche d’une nouvelle manière, peut-être fautive,
de concevoir un concept créatif objectif, qui est le moins possible
corrompu du moi subjectif. Que ça soit pour une création théâtrale ou
visuelle, ma démarche consiste toujours à me distancier le plus
possible pour que l’objet de création devienne une identité à part
entière, tout en sachant qu’il est presque impossible d’y extraire
complètement son identité. En poussant cette volonté du non-moi dans
chacun de mes projets, je me retrouve à développer des processus de
création uniques.
La création part d’une impulsion, soit d’un
gisement intérieur ou d’une percussion extérieure. Ensuite, poussé par
une forte intuition, j’essaie avec tout mon Être de la faire se
transformer, se permuter et grandir; comme un enfant indépendant, qui,
une fois mature, quitte la chaumière. Je voudrais un jour pouvoir
regarder l’oeuvre et être touché comme si je la voyais pour la première
fois, qu’elle soit étrangère à moi. Là, et seulement là, je me dirais «
bon travail. »
Dans le projet Lumière noir, Mélanie est mon
impulsion extérieure. Elle m’apporte ses cris poétiques et lorsqu’un
mot, une phrase ou une sensation m’apostrophe, tout de suite, je prends
une photo et à travers mon logiciel de traitement de photos, et sans
trop y penser, je le transforme, je le manipule, l’écrase, le morphe et
cela jusqu'à ce que quelque chose me dise « c’est beau tu peux arrêter
».

Souvent, je suis le plus satisfait
lorsqu’en tentant de faire une chose, par erreur j’en fais une autre.
Là, je m’arrête et je me dis : « Non, ce n’est pas ce que je voulais
faire… mais c’est ça que je veux!! » Et petit à petit, une oeuvre se
forme, qui n’est pas moi ni Mélanie, mais une oeuvre en soit. Une fois
l’oeuvre finie, on se retrouve confronté à plusieurs idées qui
s’entrechoquent. D’un côté, nous avons les poèmes qui en soi peuvent
transmettre un univers de perceptions, de sentiments et d’idées. De
l’autre côté, nous avons les images qui parfois vont dans le sens
général du poème, et ainsi nous propulsent plus loin dans celui-ci.
D’autres fois, l’image nous amène à l’opposé du texte et nous apporte
une nouvelle vision, le tout dit autre chose.
« Je fais tout pour
m’extraire de mon travail, sachant que, fatalement, tout ceci sort de
moi. C’est le processus qui m’importe le plus. Ainsi, au fur et à
mesure que j’expérimente, la démarche prend forme et s’enrichit. »

Mélanie Rivet (poèmes):
L’objectif artistique de cette exposition est de communiquer des émotions à fleur de peau à un public, tant
sur le plan des images que des mots. Des émotions parfois lumineuses, parfois
troubles. La beauté de la vie dans sa forme brute. D’où le titre Lumière noire. On y
exploite les contrastes entre la beauté des petites choses et l’aridité de
certains passages de la vie.
J’aimerais personnellement que
devant
ces œuvres les regardant se retrouvent mi-figue, mi-raisin, ou touché,
mais avec le sourire naissant aux lèvres… Je vise à poursuivre ma rencontre avec un public, un lecteur, à
travers cette exposition. Ainsi, confirmer la réception de mes textes, ainsi
que l’impact de ceux-ci lorsqu’ils sont mariés à des images fortes qui
complètent, enrichissent leur message, ou le questionne. Cette nouvelle forme
d’exposition publique de mon travail poétique me permettra d’écouter ou de lire
des commentaires qui pourront ensuite enrichir mes prochaines démarches. Cette
démarche pourra m’accompagner vers la réalisation d’une publication en solo...
Ce projet a vu le jour par une passion partagée entre
les deux comparses pour la création, l’exploration artistique. Une question
qu’on se pose pendant le processus : Qu’est-ce qui arrive si… on fait
ainsi? Et si… Nous désirons pousser plus loin notre expressivité créatrice.
Les photos transformées utilisent
une approche très personnelle, spontanée, faite d’essais et d’erreurs, beaucoup
d’instinct, elles sont guidées par ce qu’inspirent les poèmes soumis. Un objet
très banal devient extraordinaire, par l’angle dans lequel il est traité dans
l’image, puis par le traitement qui en est fait en alliant les mots et l’image.
Ainsi est bâtie la poésie, à vif, spontanée, puis remaniée, afin de trouver
l’angle le plus intéressant. C’est une poésie dans une certaine maturité, mais
ma plume continue d’évoluer, ce sont ses deuxièmes pas publics je dirais.
La mouture finale, le mariage des
mots et de l’image, est faite d’un commun accord entre les deux artistes. Afin
de rendre une œuvre sensible, juste, vraie et qui interpelle. Elle doit
refléter l’idée de départ du projet artistique, et demeurer en harmonie
visuelle, tout en conservant une grande place aux textes, et créant un
dynamisme suffisant pour interpeller le regard plus d’une fois.
Nous
sommes heureux de voir
cette exposition voyager de l'Outaouais à Lanaudière. Idéalement
l'avenir permettra, comme l’équipe, des passages au Québec et en
Ontario, permettant la fusion de ces deux provinces, le temps d’une
création…
puis de beaucoup d’autres, peut-être. Bien que l’exposition
en tant que telle ne soit pas du tout politique, il nous siérait que ce
mariage
artistique puisse voguer d’une province à l’autre, suivi par son carnet
de
commentaires de l’exposition, rempli d’Ontariens et de Québécois, tous
francophones
ou francophiles… puisque les poèmes sont tous écrits en français. À ce
chapitre
on pourrait dire que ça commence bien : l’exposition prendra son envol
au
FOÉ en septembre 2010, pour ensuite s’installer pour l’automne et
l’hiver dans
Lanaudière, à la galerie de la Maison Côte à Côte à Mascouche. C’est parti…
informations:
artatoi@gmail.com